
Quitter son CDI pour ouvrir une franchise : les options

Beaucoup de futurs franchisés sont salariés. Quitter son CDI est alors une étape délicate. Le choix de la sortie change vos revenus pendant le lancement. Il peut aussi ouvrir des droits à l’allocation chômage. Voici les options pour quitter son CDI, et leurs conditions, pour décider en connaissance de cause.
Préparer son projet avant de quitter son CDI
Ne partez pas trop tôt. Avancez d’abord sur votre projet : choix du réseau, rendez-vous, vérifications, business plan. Rassemblez votre apport personnel. Vos revenus salariés rassurent aussi la banque pendant le montage du dossier.
Fixez un calendrier. Le délai entre le premier contact et l’ouverture dépasse souvent plusieurs mois. Voir notre réponse sur le temps nécessaire pour ouvrir une franchise.
Option 1 : le congé ou le temps partiel pour création d’entreprise
Le Code du travail permet de suspendre son contrat pour créer une entreprise. Il faut une ancienneté minimale dans l’entreprise, en principe 24 mois. Le congé dure en général un an, renouvelable une fois, sauf accord collectif différent. Le temps partiel est une autre option.
C’est une solution prudente. Vous pouvez tester le projet. En cas d’échec, vous retrouvez un emploi. L’employeur peut toutefois reporter le départ, voire le refuser dans certains cas.
Option 2 : la démission classique
Démissionner est la façon la plus simple de quitter son CDI. Mais une démission classique n’ouvre pas droit à l’allocation chômage, sauf cas de démission légitime. Vous devez donc financer vos premiers mois sur vos économies. Intégrez cette période dans votre business plan.
Option 3 : la démission-reconversion
Depuis 2019, un dispositif permet de démissionner pour un projet de création ou de reprise d’entreprise, tout en touchant l’allocation chômage. Les conditions sont précises :
- justifier de cinq ans d’activité salariée continue, soit 1 300 jours sur les 60 derniers mois ;
- être accompagné par un conseiller en évolution professionnelle ;
- faire valider le caractère réel et sérieux du projet par Transitions Pro avant de démissionner ;
- s’inscrire à France Travail dans les six mois suivant la validation.
La validation préalable est essentielle. Si vous démissionnez avant, vous risquez de perdre vos droits.
Option 4 : la rupture conventionnelle
La rupture conventionnelle suppose l’accord de l’employeur. Elle ouvre droit à une indemnité et à l’allocation chômage. C’est souvent la solution la plus confortable pour quitter son CDI. Mais elle se négocie : présentez le projet de façon constructive.
Allocation chômage : maintien ou ARCE
Si vous avez des droits, deux formules existent pour la création d’entreprise.
Le maintien de l’allocation
Vous continuez à percevoir une allocation mensuelle, réduite selon la rémunération tirée de l’entreprise. C’est une sécurité pendant la montée en charge.
L’ARCE
L’aide à la reprise ou à la création d’entreprise verse 60 % de vos droits restants sous forme de capital, en deux fois. Le second versement intervient six mois plus tard, si l’activité continue. Ce capital peut renforcer votre apport.
Le bon choix dépend de votre plan de financement. Faites simuler les deux options avec France Travail et votre expert-comptable. Pour les autres sources de financement, voir notre guide du financement.
Informer son employeur au bon moment
Avant de quitter son CDI, relisez votre contrat de travail. Cherchez une éventuelle clause de non-concurrence ou d’exclusivité. Elle peut limiter certaines activités après votre départ, ou même pendant le contrat. Vérifiez sa portée avec un conseil si le secteur de la franchise est proche de celui de votre employeur.
Respectez aussi votre devoir de loyauté tant que vous êtes salarié. Préparez le projet sur son temps personnel. Tenez compte du préavis, souvent d’un à trois mois selon la convention collective, dans le calendrier d’ouverture.
Questions fréquentes
Peut-on quitter son CDI et toucher le chômage ?
Oui, dans deux cas principaux : la rupture conventionnelle et la démission-reconversion validée. Une démission classique n’ouvre pas de droits, sauf démission légitime. Faites le point avec France Travail avant toute décision.
Faut-il quitter son CDI avant de signer le contrat de franchise ?
Pas forcément. Beaucoup de candidats restent salariés pendant le montage du projet. Ils partent une fois le financement obtenu et le local trouvé. Ce calendrier limite le risque de vivre plusieurs mois sans revenus.
Combien d’économies prévoir ?
Prévoyez de quoi vivre plusieurs mois sans salaire de l’entreprise. Le montant dépend de vos charges personnelles et des droits au chômage. Intégrez cette réserve au plan de financement, à côté de l’apport.
Le franchiseur accepte-t-il des candidats encore salariés ?
Oui. La plupart des candidats le sont au moment du premier contact. Le réseau vérifie surtout la disponibilité réelle au moment de l’ouverture.
En résumé
Quitter son CDI se prépare. Avancez sur le projet avant de partir. Choisissez la sortie qui protège le mieux vos revenus : congé, démission-reconversion ou rupture conventionnelle. Puis arbitrez entre maintien de l’allocation et ARCE. Pour aller plus loin, lisez notre dossier sur la reconversion en franchise.
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